RÉFÉRÉ, PROCÉDURE ACCÉLÉRÉE OU FOND CLASSIQUE : QUEL CHEMIN CHOISIR POUR VOTRE PROCÈS ?
Dans la continuité de notre article sur le DÉROULEMENT D'UNE PROCÉDURE JUDICIAIRE : LES ÉTAPES CLÉS, nous allons prendre de la hauteur pour évoquer dans cet article des différents angles de procédures judiciaires, les avantages et les inconvénients pour chacune d'entre elles.
Voici une analyse détaillée des trois principales procédures civiles et commerciales.
1. Le Référé : L'urgence et le provisoire
Le référé est souvent qualifié de procédure de "l'évidence". C'est une formation rapide qui permet d'obtenir une décision en quelques semaines, voire quelques jours.
L'objectif : Prévenir un dommage imminent ou faire cesser un trouble manifestement illicite.
Le caractère provisoire : La décision (une ordonnance) n'a pas "l'autorité de la chose jugée" au principal. Cela signifie qu'elle peut être modifiée plus tard par un juge du fond.
Les conditions : Il ne doit pas y avoir de "contestation sérieuse". Le juge du référé est le juge de l'apparence ; il ne tranche pas le fond du droit si le dossier est trop complexe.
Exemple type : Demander l'expulsion d'un occupant sans titre, ordonner une expertise après un dégât des eaux ou réaliser une expertise préventive d'un impact d'une future construction à proximité de notre copropriété
⚠ Le référé est une procédure de l'évidence. Son plus grand danger est de se heurter à une défense solide qui rend le dossier complexe.
Le risque de se faire débouter (ou "renvoyer à mieux se pourvoir") : Si l'adversaire soulève une défense juridique complexe (une "contestation sérieuse"), le juge des référés dira qu'il n'est pas compétent. Vous repartez à zéro.
Le risque de redirection : Vous devrez alors engager une procédure de fond classique. Les mois passés en référé auront été perdus.
Le risque de voir le jugement "tomber" : L'ordonnance de référé est provisoire. Si vous gagnez en référé mais que, plus tard, le juge du fond décide l'inverse, vous devrez tout rembourser ou remettre les choses en l'état (ex: reconstruire un mur que vous aviez fait démolir).
En résumé : Le référé est un "quitte ou double" sur l'évidence du dossier.
2. La Procédure Accélérée au Fond (PAF) : L'efficacité définitive
Anciennement appelée "la forme des référés", la procédure accélérée au fond est un hybride particulièrement puissant. Elle allie la rapidité du référé à la force d'un jugement classique.
L'objectif : Obtenir un jugement définitif rapidement lorsque la loi le permet ou que les circonstances l'exigent.
La différence majeure : Contrairement au référé, le juge tranche ici le litige de manière complète et finale. On ne traite plus seulement du provisoire.
Le cadre légal : Elle n'est possible que dans les cas spécifiquement prévus par la loi (ex: baux commerciaux, droit des sociétés, ou contestations de délais de paiement).
La justification : Elle repose sur l'urgence ou la nature particulière de l'affaire qui nécessite une réponse rapide sans pour autant sacrifier l'analyse de fond.
⚠ Ici, le risque ne porte pas sur le fond du droit, mais sur le cadre légal.
Le risque de se faire débouter (Irrecevabilité) : Si vous utilisez la PAF alors que votre cas n'est pas explicitement prévu par la loi (ou que l'urgence n'est pas caractérisée), le juge déclarera votre demande irrecevable. Vous ne serez même pas entendu sur le fond du problème.
Le risque de redirection : Le juge peut décider que l'affaire est trop complexe pour être jugée en urgence et ordonner son renvoi vers un circuit de "fond classique" avec mise en état. Vous perdez alors le bénéfice de la célérité.
Le risque sur le jugement : Comme c'est un jugement au fond, il est plus stable qu'un référé. Cependant, s'il est mal préparé à cause de la précipitation, le risque de perdre en Appel est réel car vous n'aurez pas eu le temps de peaufiner vos preuves.
3. La Procédure de Fond Classique : La quête de la vérité
C’est la voie standard, la plus longue, mais aussi la plus complète. Elle est utilisée pour tous les litiges qui ne présentent pas d'urgence vitale et qui demandent une analyse juridique approfondie.
L'objectif : Analyser l'intégralité des arguments et des preuves pour rendre une décision pérenne.
Le déroulement : Elle passe par une phase de "mise en état". Durant cette période, les avocats échangent leurs arguments (conclusions) et leurs pièces sous le contrôle d'un juge, afin que l'affaire soit "en état" d'être jugée.
Le délai : Selon l'encombrement des tribunaux, elle peut durer de 12 à 24 mois.
⚠ Le risque ici n'est pas la compétence du juge, mais la maîtrise du temps.
Le risque de se faire débouter : C'est le risque classique de tout procès. Si après deux ans de procédure, vos arguments ne convainquent pas, l'échec est définitif (hors appel).
Le risque de "Péremption d'instance" : Si aucune action (conclusions, actes) n'est effectuée par les avocats pendant 2 ans, la procédure s'éteint d'elle-même. C'est une mort administrative du dossier.
Le risque de voir le jugement "tomber" (Appel/Cassation) : Plus une procédure est longue, plus les enjeux financiers s'accumulent (intérêts de retard, frais de justice). Si le jugement est infirmé en appel après 3 ou 4 ans, les conséquences financières peuvent être catastrophiques pour la partie qui doit restituer les sommes perçues.
SOURCE: OEFE IMMO

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